dimanche 2 mai 2010

" Et cozette, elle aime pas les hiboux "

Il m'aura fallu longtemps pour trouver le ton juste de cet article, l'expression la plus parfaite possible, l'état d'esprit fin prêt.

L'escalade

On a tous au moins une fois dans notre vie testé le mur d'escalade du gymnase où on fesait du sport à la belle époque de l'école primaire. Et les conséquences furent plus ou moins désastreuses.
Ce ne sont pas les jours printaniers de ces dernières semaines qui me donnent envie de me mettre à l'alpinisme. "me mettre" ne serait pas tout à fait juste d'ailleurs. Non pas que je pratique ce sport depuis ma plus tendre enfance, non, bien au contraire, je n'ai du toucher de cordes et de mousquetons que 2 fois dans ma vie.
Pourtant, j'ai l'impression de le pratiquer depuis une éternité.
Je connais cette sensation de se retrouver au pied du mur, à prendre son courage à 2 mains, et se lancer dans l'aventure. Mais peut être pas assez à la fois.
Au début, il y a plein de prises. Elles sont jolies, de toutes les couleurs, de toutes les formes, chacune différentes. C'est assez facile. On s'imagine des histoires naives, enfantines, parce que c'est de notre âge. On est pas très haut, puis on est assuré en cas de chute. Aucune blessures possibles, on sera toujours rattrapés.
Puis on se lance, plutôt avec plaisir, on monte. Toujours ces petites prises sur lesquelles nous accrocher, toujours aussi nombreuses et elles se ressemblent beaucoups. D'ailleurs, on pose délicatement nos pieds sur celles qui ont soutenus nos mains auparavent. On s'agrippe à quelques unes, celles qui nous paraissent les plus sécuritaires. Et on continue notre ascension. Sans regarder en bas. Les premières minutes sont toujours assez facile en générale.
Ensuite, chacun ressent les choses de façons différentes. Ce que j'aime personnellement, c'est le gout du risque, l'adrénaline. Même si la personne qui assure ma sécurité en bas, ne peut concrètement rien faire, sauf en dernier recours. Mais je sais que je peux compter sur elle juste avant de m'écraser. Les prises n'ont plus leurs jolies couleurs naives et commencent à s'espacer. Il faut savoir prendre le risque en solo tout en restant raisonnable. Prendre la bonne option parmis l'éventail de directions qui apparaissent devant nous à chaque centimètre qu'on vient de gravir. Mais pour l'instant, je m'en sors pas trop mal. Enfin je pense. Il ne faut surtout pas essayer de réfléchir aux couloirs qu'on a refusé de suivre.
Mais reste pas planté là
Y'a toujours le coup de barre, les jambes lourdes, un mal de phalanges pas possible. Les prises s'éloignent sournoisement et ça devient vraiment casse-gueule. Mais au final, même si on stagne un peu, on trouve toujours la solution pour continuer la montée, la prise à laquelle se raccrocher, celle qui vous maintiendra en équilibre, celle sur laquelle vous vous reposez pendant que vous reprenez un peu de force car pour atteindre la prochaine, il va falloir prendre un risque, sauter, affronter le vide sans pour autant se rendre compte des conséquences si on la rate. Parce qu'il faut rester insouciant, voire prendre la chose à la légère pour ne pas trop s'appitoyer sur la situation dans laquelle on est. Parfois la main entre 2 supports, parfois solidement aggripé.
La suite, la longue et difficile ascension, je ne connais pas encore. J'observe simplement et complètement détachée, ceux qui sont devant moi, avec un pincement au coeur pour tout ceux qui sont arrivés au sommet et qui se laisse tomber.

[Titre: Cozette - les Ogres de Barback]

2 commentaires:

  1. J'aime beaucoup !!!

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  2. Je pense que c'est le meilleur article que tu ai pu faire ici ou ailleurs ! Chapeau bas !

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