Depuis quelques jours, 2 ou 3 pour être exacte, j'ai des images, des parfums, des sensations, des pensées, des représentations, des envies qui me passent par la tête comme si elles circulaient dans mes neurones comme sur une autoroute 4 fois 4 voies et en excès de vitesse.
Ces images sont ensoleillées par le bien-être, les parfums y sont iodés, la sensation d'un vent frais sur mes joues, les pensées sableuses et rocheuses à la fois, les représentations essentiellement familliales et cocconnifées et côté envies... je ne vous en parle même pas.
Mon problème, c'est le pourquoi. Comme si tout ça, relégué dans un placard au fond du couloir le plus obscure de ma mémoire, avait décidé hazardeusement de refaire surface, comme une bulle de champagne qui remontrait le long de la parois de sa coupe pour venir éclater à la surface, libérant le parfum délicieux et envoutant de la boisson.
Ma situation géographique actuelle n'y aspire pourtant rien. Des plaines à perte de vue, une odeur Spontexiale, une humidité triste, une faune non comparable.
Alors que je sèche littéralement sur la suite de cet article, dans un silence religieusement mortel, j'entend, fruit de mon imagination, un doux murmure déferlant langoureusement, un bruit pétillant et intense d'un bouillon explosif. Et ses sons, je les entendais déjà lorsque je n'étais qu'a l'état de foétus.
Toutes ces choses qui encombrent en ce moment ma capacité à raisonner sont, vous l'aurez compris, loin d'être irréelles, immatérielles, fictives, chimériques, illusoires, fantasmagoriques ou quoi que ce soit d'autre de fallacieux. Ces envies ne sont que circonstances déja vécues, opportunitées saisies et temps passé dans ce royaume sauvage et maritime.
Mais la curiosité de l'histoire, c'est la sélectivité de ces épisodes. Toujours les mêmes, aux mêmes endroits, avec les mêmes personnes.
Parce qu'on connait tous un coin qui respire le bonheur, où il fait bon vivre, toujours.
Moi c'est cette Côte Bretonne, que je connais depuis bien avant que je sache mettre un pied devant l'autre. C'est malgré moi toute mon enfance, ma jeunesse et même mon adolescence. Et malgré ça, ça fait plus d'un an que je n'y ai pas mis les pieds. Et pourtant, je sais que ça n'a pas changé.
J'ai des images de promenades nocturnes à la lumière des lampadaires, le long de l'eau. Des odeurs chaleureuses de crêpes beurre-sucre, sur une table de 5 personnes dans cette crêperie au coeur de cette cité de caractère. Des sensations de caresses du vent sur ma joue, comme la dernière fois, au couché du soleil, les pieds dans l'eau, une guitare à la main. Des envies de m'allonger sur ce sable chaud, d'entendre les cris des enfants, le bruit des vagues et de sentir l'odeur de la crème solaire. Des envies de me faire mal aux pieds en marchant sur les coquillages pilés. Des effluves d'un diner avec une marmite de moules posée au milieu de la table, un pull sur les épaules et des tongs aux pieds. De ressentir la chaleur d'un déjeuné à l'ombre du noisettier, grillades sur le barbecue. Des images d'un dimanche matin à se faufiler dans la foule, les énamations de l'huile de friture pour les chichis qui vous titillent les narines.
Bref, je veux revoir et vite ces paysages, ces falaises, ces rochers, ces vagues, cette mer, ces plages, ces sapins, ces endroits où même en hiver il fait chaud au moins dans la tête.
A la prochaine, pour de nouvelles aventures!
[Titre: Mes racines - Renan Luce]